Le Ford Explorer 2017 se débrouille très bien avec 4 cylindres

Le Ford Explorer 2017 se débrouille très bien avec 4 cylindres

{u'fr': u'Ford Explorer 2017'}

L’an dernier, le Ford Explorer célébrait ses 25 ans d’existence. Et pour ce faire, le constructeur de Dearborn donnait à son populaire multisegment une refonte de mi-parcours méritée, lui dont la plus récente génération est arrivée pour l’année-modèle 2011. Le changement de garde il y a de cela quelques années a fait passer l’Explorer d’un véritable 4x4 (reposant sur un châssis à échelle) à un multisegment familial (structure monocoque) et force est d’admettre que Ford a ainsi pu reprendre des parts de marché perdues au fil du temps. 

Les changements apportés l’an dernier ont également été bénéfiques sous le capot. L’Explorer a conservé ses V6 bien connus, mais son petit 4-cylindres EcoBoost de 2,0 litres a été remplacé par le nouveau bloc de 2,3 litres, déjà utilisé dans le Lincoln MKC, la Ford Mustang et même la Ford Focus RS! Rassurez-vous, le côté explosif de la bête de rallye légale pour la route ne se retrouve pas à bord de l’Explorer, sa puissance étant limitée ici à 280 chevaux et son couple, à 310 livres-pied. 

Un essai récent m’a permis de constater qu’un gros véhicule comme le Ford Explorer 2017 n’a pas nécessairement besoin d’un V6 au quotidien; un 4-cylindres turbo peut très bien se débrouiller! 

Le poids : ennemi numéro un
Notre véhicule d’essai a beau être équipé d’une mécanique moderne et plus puissante que par le passé, il n’en demeure pas moins que le poids de la caisse handicape ses performances. L’ancien moteur de 2,0 litres était non seulement obligé de mouvoir les roues motrices avant, mais il devait aussi tracter plus de 2 000 kilos. Prenez le Kia Sorento, par exemple : son 4-cylindres turbo n’est pas aussi énergique que celui de Ford, mais son poids inférieur de 1 816 kilos fait en sorte qu’il ne paraît pas aussi alourdi que le précédent Explorer. 

Avec la nouvelle mécanique de 2,3 litres, l’Explorer s’avère non seulement plus rapide à l’accélération, mais on sent également qu’il travaille moins fort pour faire avancer cette masse qui, rappelons-le, repose toujours sur la plateforme empruntée à Volvo et développée à la fin du siècle dernier. Un petit changement à ce niveau ne ferait pas de tort et il est clair que la prochaine génération du Ford Explorer en bénéficiera.

Un 4-cylindres turbo dans un VUS intermédiaire?
Étant donné le caractère plus familial que sportif de ces gros multisegments à 3 rangées de sièges, il est permis de s’interroger sur la pertinence d’un tel groupe motopropulseur, d’autant plus que cette version ajoute le rouage intégral à l’équation, ce qui veut dire obligatoirement une consommation de carburant supérieure. Si on se fie aux cotes officielles de l’Énerguide canadien, ce VUS devrait avoisiner les 11,3 L/100 km en moyenne. J’ai pour ma part enregistré une consommation de 12,1 L/100 km, mais je dois avouer que mon aller-retour Montréal-Québec s’est fait à une vitesse de 120 km/h. Par rapport à l’Explorer équipé du moteur V6 atmosphérique, le gain à la pompe n’est pas négligeable, ce dernier étant supposé engloutir 13 L/100 km, mais il ne s’agit pas non plus d’une révolution, vous en conviendrez. 

Heureusement, le moteur EcoBoost de 2,3 litres n’est pas seulement plus frugal; il s’avère plutôt bien adapté au châssis de l’Explorer. La boîte automatique à 6 rapports effectue elle aussi de l’excellent travail, la semaine d’essai s’étant déroulée sans aucun incident digne de mention. Le constructeur osera-t-il greffer sa toute nouvelle boîte à 10 rapports à ses véhicules plus légers? Il est permis d’espérer. Gageons un p’tit 2 $ que le nombre de vitesses grimpera à la prochaine refonte.

Pour le quotidien… et les road trips
Un simple coup d’œil à la circulation lourde à l’heure de pointe ou tout simplement au débarcadère d’une école primaire révèle que les familles optent de plus en plus pour ces gros 4x4 urbains, presque aussi logeables qu’une minifourgonnette. Leur espace intérieur est plus que raisonnable, tandis que leurs capacités de franchissement sont supérieures. 

En réalité, tous les multisegments intermédiaires n’offrent pas le même côté pratique des fourgonnettes, jugées moins cool, et le Ford Explorer 2017 n’échappe pas à cette affirmation. Malgré tout, il fait bon de vivre à bord d’un Explorer Limited, l’abondance de cuir et de gadgets facilitant les randonnées. À vitesse d’autoroute, la mécanique s’efface et transforme la cabine en un espace feutré parfait pour les expéditions prolongées. Les jantes de 20 pouces et la suspension filtrent relativement bien les imperfections de notre réseau routier, quoique le Ford Flex fasse mieux à ce chapitre. Et avec ses nombreux dispositifs d’aide à la conduite, le Ford Explorer se conduit presque tout seul… je dis bien presque! 

L’Explorer à 4 cylindres, une bonne affaire?
Avec un prix de départ de 48 899 $ pour l’Explorer Limited, le consommateur doit débourser 1 000 $ additionnels pour réduire le nombre de cylindres sous le capot. À ce tarif, le rouage intégral est heureusement fourni. Notre véhicule d’essai possédait quelques options et affichait un prix de vente de 56 914 $ avant les frais de préparation, une jolie somme pour transporter la marmaille dans le grand confort. 

Mais bon, dans ce créneau, le luxe a un prix et le Ford Explorer 2017 ne fait que respecter la loi de la demande. En attendant une refonte complète, ce VUS américain peut au moins se targuer d’avoir le 4-cylindres le plus puissant de la catégorie (si on exclut la puissance totale du Toyota Highlander Hybride), en plus d’être l’un des plus amusants à conduire au quotidien.

 

Essais routiers et nouvelles Ford